Comment juger un prestataire web quand on n'est pas technicien ?
Vous ne pouvez pas lire le code, et personne ne vous le demandera. Mais la méthode se juge sans être technicien: un bon prestataire mesure avant de décider, vous montre ce qu'il a annulé, et sait ce que ses outils ne voient pas.
Vous ne pouvez pas lire le code, et personne ne vous demandera de le faire. Mais vous pouvez juger la méthode, et elle se voit sans être technicien: un bon prestataire mesure avant de décider, vous montre ce qu'il a annulé, et connaît les limites de ses propres outils. Voici les quatre signes, avec des exemples pris sur ce site.
Il mesure avant de décider
La question n'est pas: “votre site sera-t-il rapide?”. Tout le monde répond oui. La question est: “sur quoi vous appuyez-vous pour le dire?”.
Exemple, les vidéos de ce site sont servies en VP9 plutôt qu'en H.264. Ce n'est pas un choix de mode, à qualité d'image identique, le showreel passe de 15,96 Mo à 10,23 Mo, et une réalisation de 12,80 Mo à 9,63 Mo. Ce sont deux fichiers pesés, pas une promesse.
Ce que vous pouvez demander: “vous avez mesuré avant et après?” et une réponse honnête donne deux nombres, tandis qu’une réponse vague en donne zéro.
Il vous montre ce qu'il a annulé
C'est le signe le plus rare et le plus fiable. Un prestataire qui n'a jamais rien annulé n'a jamais rien vérifié.
Le 16 août, le CSS de ce site a été découpé par page au lieu d'être servi en une feuille unique. Sur le papier, c'était un gain net : −51 % d'octets bloquants, de 19 437 à 9 506 octets compressés.
Mesuré sur six exécutions, le site était pourtant PLUS LENT, un score 93 à 91, affichage du premier contenu 1 606 à 1 748 ms, affichage du plus grand élément 3 162 à 3 422 ms. Sur une connexion lente, trois requêtes bloquantes de plus coûtent davantage que les 10 Ko économisés. Le découpage a été retiré le jour même.
La leçon vaut plus que le réglage, l'indicateur “blocage du rendu” de l'outil d'audit, lui, s'était amélioré (282 à 246 ms) pendant que l'expérience réelle se dégradait. Un chiffre qui monte n'est pas une page qui va mieux.
Il sait ce que ses outils ne voient pas
Les analyseurs automatiques d'accessibilité attrapent environ un tiers des problèmes réels. Le reste demande de se mettre à la place de quelqu'un.
Exemple, trouvé le 21 septembre sur ce site. Le bouton lire d'une vidéo disparaît à l'instant où on l'active, c'est normal, il est remplacé par les commandes de lecture. À la souris, personne ne le remarque. Au clavier, le curseur reposait dessus, en disparaissant, il renvoyait le focus au tout début de la page. L'utilisateur perdait sa place et la tabulation suivante repartait du haut du document.
Aucun analyseur ne signalait quoi que ce soit, parce que rien n'était invalide. C'est un comportement, pas une balise. Il a fallu lancer une vidéo au clavier pour le voir.
Ce que vous pouvez demander: “qu'est-ce que vos outils ne détectent pas?”. Si la réponse est “rien”, l'outil pense à la place du prestataire.
Il surveille la bonne chose
Beaucoup de sites sont surveillés par une sonde qui interroge la page d'accueil toutes les cinq minutes. Sur un site moderne, cette surveillance ne surveille presque rien.
Les pages de ce site sont pré-calculées et servies par un réseau de diffusion. Elles continuent de répondre normalement alors même que la base de contenu est injoignable, ou que le mécanisme de mise à jour est mort depuis trois semaines. La panne la plus probable n'est pas un site en erreur, c'est un site parfait qui affiche le contenu du mois dernier.
D'où une adresse de contrôle dédiée, qui teste réellement l'accès au contenu et répond par un mot-clé. La sonde surveille ce mot-clé, jamais le simple fait que la page réponde.
Trois questions à poser et ce qu'elles révèlent
- Qu'avez-vous mesuré, avant et après?
- Qu'avez-vous essayé puis annulé sur ce projet?
- Que surveillez-vous et comment le sauriez-vous si ça tombait en panne?
Aucune de ces trois questions ne demande de compétence technique pour être posée. Elles demandent seulement d'écouter si la réponse contient des chiffres.
Pourquoi nous publions nos propres arbitrages
Ce site tient un relevé public de ses garde-fous et de leurs chiffres et la page qui le porte annonce le score le PLUS BAS des huit mesurés, jamais la moyenne. Une moyenne laisserait une page médiocre se cacher derrière les autres. C'est la même logique que cet article : on ne peut pas vous demander de nous croire sur parole sur un sujet que vous n'avez pas les moyens de vérifier. On peut, en revanche, vous montrer comment on décide.